Confier bébé aux grands-parents ou à la gardienne : quoi transmettre
Dernier boire, dodo sécuritaire, médicaments déjà donnés, numéros d’urgence : quoi transmettre quand on confie bébé, et comment partager le suivi.
La réponse courte
Quand on confie bébé, la personne qui le garde a besoin de quatre choses : ce qui vient de se passer (dernier boire, dernier dodo, dernière couche), les règles qui ne se négocient pas (le sommeil sécuritaire, le siège d’auto), ce qui a déjà été donné (médicaments, avec l’heure) et qui appeler (vous, le 911, Info-Santé 811, le Centre antipoison). Le reste, comme la façon de bercer ou la chanson du dodo, peut varier d’une maison à l’autre sans danger.
Cet article propose une façon simple de tout transmettre, que ce soit à grand-maman le mardi, à la gardienne du vendredi soir ou à l’autre parent qui prend le relais à 3 h du matin.
Ce qui vient de se passer
C’est la question qu’on se pose en premier en prenant le relais : « Il a bu quand ? » Laissez au minimum :
- l’heure du dernier boire, le côté (sein gauche ou droit) ou la quantité au biberon ;
- l’heure du dernier dodo et sa durée, pour savoir quand il risque d’être fatigué ;
- la dernière couche, mouillée ou souillée ;
- ce qui sort de l’ordinaire aujourd’hui : une nuit difficile, une dent qui perce, un vaccin la veille.
Pour un nouveau-né, ces quelques lignes valent plus qu’un long horaire : ses boires ne suivent pas l’horloge (voyez notre article sur l’horaire des boires). La personne qui garde a surtout besoin de savoir depuis combien de temps bébé n’a pas bu et quels signes de faim surveiller.
Les règles qui ne se négocient pas
Les habitudes changent d’une génération à l’autre, et certaines consignes de sécurité aussi. Santé Canada demande d’ailleurs de partager ses consignes de sommeil avec toutes les personnes qui s’occupent de bébé : grands-parents, famille, gardienne, amis.
Le sommeil sécuritaire, selon Santé Canada et l’INSPQ :
- toujours sur le dos, pour chaque dodo, siestes comprises ;
- dans une couchette, un berceau ou un moïse conforme aux normes canadiennes, avec un matelas ferme et un drap contour ;
- rien d’autre dans le lit : pas de couverture, d’oreiller, de bordure de protection, de coussin de positionnement ni de toutou ;
- le siège d’auto et la balançoire ne sont pas des lits : si bébé s’y endort, on le transfère dans son lit à l’arrivée ;
- jamais de sommeil avec bébé sur un sofa ou un fauteuil, ni après avoir pris de l’alcool, de la drogue ou un médicament qui endort ;
- éviter qu’il ait trop chaud, sans tuque à l’intérieur.
Le siège d’auto : si la personne conduit avec bébé, l’INSPQ rappelle de le garder dos à la route le plus longtemps possible, au moins jusqu’à 2 ans au Québec, et de vérifier que le siège porte l’étiquette de conformité de Transports Canada et n’est pas expiré. Le plus simple est souvent de prêter votre siège, déjà réglé, plutôt que d’en emprunter un dont on ne connaît pas l’histoire.
Les allergies et les aliments : si bébé a commencé les solides, dites quels aliments il a déjà mangés sans problème, et lesquels attendent. Un nouvel aliment allergène s’introduit plutôt à la maison, avec vous (voyez notre article sur l’introduction des allergènes).
Ce qui a déjà été donné : les médicaments
C’est le point où les erreurs arrivent le plus souvent quand plusieurs personnes s’occupent d’un enfant malade : un parent donne un médicament contre la fièvre le matin, la grand-mère en redonne à midi sans le savoir.
La règle simple : chaque médicament est noté au moment où il est donné, au même endroit pour tout le monde, avec :
- quoi (le nom du produit) ;
- combien (la quantité donnée, telle qu’elle a été mesurée) ;
- quand (l’heure) ;
- par qui.
Pour la dose elle-même, la personne qui garde suit l’étiquette, le pharmacien ou le médecin, jamais une estimation. L’INSPQ rappelle quelques principes utiles à transmettre : utiliser le dispositif de mesure fourni avec le produit plutôt qu’une cuillère de cuisine, ne pas donner deux médicaments contre la fièvre en même temps sans l’avis d’un professionnel, et ne jamais donner d’aspirine à un enfant. Sa page sur la fièvre détaille le reste ; on la lit avant d’en donner, pas pendant.
Gardez aussi les médicaments hors de portée et dans leur contenant d’origine, chez vous comme chez les grands-parents, où les piluliers sont parfois à la vue.
Qui appeler
Affichez ces numéros sur le frigo, et ajoutez-les dans le téléphone de la personne qui garde :
- vos numéros, et celui d’une autre personne de confiance si vous êtes injoignables ;
- l’adresse complète de la maison, à dire au 911 ; en situation de stress, même un grand-parent qui vient chaque semaine peut l’oublier ;
- 911 pour toute urgence : bébé qui respire mal, qui ne réagit pas, qui fait une convulsion ;
- Info-Santé 811 (option 1), gratuit, jour et nuit, pour une question de santé qui n’est pas une urgence ; les parents d’enfants de 0 à 17 ans y ont une ligne prioritaire ;
- Centre antipoison du Québec : 1 800 463-5060, gratuit, jour et nuit, si bébé a avalé ou touché un produit, une plante ou un médicament.
Laissez aussi la carte d’assurance maladie de bébé, ou une photo, et le nom de sa clinique.
La gardienne : un cours, et un essai
Il n’y a pas de cours obligatoire pour garder un enfant. Le cours Gardiens avertis de la Croix-Rouge canadienne, offert aux jeunes d’environ 11 à 15 ans, couvre les premiers soins, l’étouffement, les soins de base d’un bébé et les situations à risque. Pour une première garde, une heure ensemble pendant que vous êtes à la maison (un boire, un changement de couche, une mise au lit) en apprend plus qu’une longue liste.
Un suivi partagé plutôt que des textos
Le papier sur le frigo fonctionne pour une soirée. Quand plusieurs personnes se relaient chaque semaine, les textos se perdent et chacun a sa version. Ce qui aide le plus :
- un seul endroit où tout le monde note et lit, plutôt qu’un fil de messages ;
- un compte par personne plutôt qu’un mot de passe partagé : on sait qui a noté quoi, et on peut retirer l’accès d’une gardienne sans tout changer ;
- des accès choisis : la gardienne du vendredi n’a peut-être pas besoin de voir le suivi de grossesse ou le calendrier de toute la famille ;
- l’auteur et l’heure de chaque entrée, pour que « le biberon de 18 h 50 » ait un nom.
En résumé
- Transmettez l’essentiel du moment : dernier boire, dernier dodo, dernière couche.
- Partagez les règles de sommeil sécuritaire et de siège d’auto avec tout le monde, grands-parents compris.
- Notez chaque médicament au moment où il est donné ; pour la dose, l’étiquette, le pharmacien ou le médecin.
- Laissez les numéros : vous, 911, Info-Santé 811, Centre antipoison du Québec (1 800 463-5060), et l’adresse.
Le site Naître et grandir propose aussi des conseils pour choisir une gardienne et préparer les grands-parents.
Questions fréquentes
Que laisser par écrit à la gardienne d’un bébé ?
L’heure du dernier boire et du dernier dodo, les allergies connues, les médicaments déjà donnés aujourd’hui avec l’heure, l’adresse de la maison, vos numéros, et les numéros d’urgence : 911, Info-Santé 811 et le Centre antipoison du Québec (1 800 463-5060).
Comment éviter de donner deux fois un médicament ?
Notez chaque médicament au moment où il est donné : quoi, combien, quand et par qui, au même endroit pour tout le monde. Pour la dose elle-même, suivez l’étiquette, le pharmacien ou le médecin.
Les grands-parents doivent-ils suivre les mêmes règles de sommeil ?
Oui. Santé Canada demande de partager les consignes de sommeil sécuritaire avec toutes les personnes qui s’occupent de bébé : sur le dos, dans un lit conforme, sans couverture, oreiller ni toutou.
Faut-il un cours pour garder un bébé ?
Ce n’est pas obligatoire, mais le cours Gardiens avertis de la Croix-Rouge canadienne, offert aux jeunes d’environ 11 à 15 ans, couvre les premiers soins, l’étouffement et les soins de base d’un bébé.
Peut-on partager une application de suivi bébé avec la famille ?
Oui, plusieurs applications le permettent. Préférez un compte par personne plutôt qu’un mot de passe partagé, pour savoir qui a noté quoi, et pour retirer l’accès d’une personne sans changer celui des autres.
Cet article informe ; il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de la santé. En cas de doute, appelez Info-Santé 811. En cas d’urgence, faites le 911.
Sources
- Sommeil sécuritaire pour votre bébé (brochure), Agence de la santé publique du Canada
- Dormir en sécurité, INSPQ
- Se déplacer en sécurité avec un enfant, INSPQ
- Sécurité des sièges d’auto pour enfants, Transports Canada
- Fièvre chez l’enfant (médicaments : à lire avant d’en donner), INSPQ
- Une pharmacie bien pensée, INSPQ
- Centre antipoison du Québec, CIUSSS de la Capitale-Nationale
- Info-Santé 811, Gouvernement du Québec
- Cours Gardiens avertis (PDF), Croix-Rouge canadienne